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Belgique : les cobayes se sont révoltés !
 
 
 
 

Opération de décontamination dans un centre agronomique de Monsanto










Ce dimanche 7 mai dans l'après-midi, pour la première fois en Belgique, environ deux cents personnes ont arraché des plants de colza et de maïs transgéniques, cultivés par la société Monsanto sur son site de Franc-Waret (région namuroise).

Dans le cadre plus large du Festival de résistance aux OGM - lien - (dont le programme s'étendait sur toute la journée et comprenait une conférence, des concerts, etc.), nous avons formé un cortège festif, musical et coloré qui a parcouru le village de Marchovelette avant d'aboutir à la Ferme expérimentale d'au Tri, propriété de Monsanto, où nous avons ouvertement et pacifiquement interrompu la dissémination volontaire d'OGM en cours sur ce site (comme sur plus d'une centaine d'autres en Belgique). L’arrachage, qui a duré plus ou moins un quart d’heure, s’est déroulé dans une ambiance particulièrement joyeuse, sur un fond musical entraînant (un camion équipé d’un "sound system" ayant emmené le cortège jusqu’au lieu de la décontamination). Un certain nombre d’entre nous ont pris part à cette initiative en famille (ce qui a permis de vérifier que l’une des façons les plus efficaces de se débarrasser d’une parcelle de colza est encore de s’y laisser tomber de tout son long...).
 
 

Monsanto : "YOU sow the technology, WE harvest the profit"*

A travers l'intervention collective menée ce dimanche, nous entendons relayer en Belgique la résistance internationale croissante à l'imposition d'une exploitation transgénique de la terre, source de risques sociaux, environnementaux et sanitaires majeurs, qui s’inscrivent dans le droit fil des effets calamiteux du productivisme agricole subventionné.

Depuis sa fondation voilà près d'un siècle, la Monsanto Chemical Company s'est engagée dans une véritable course contre la vie, en fabriquant les fameux PCB (l'une des premières causes de dioxine), en étant le principal producteur du sinistre agent orange, défoliant utilisé pendant la guerre du Vietnam, en introduisant l'Aspartame dans nombre de produits alimentaires courants (sodas, céréales,...). La transnationale produit maintenant les deux herbicides les plus vendus au monde, le Roundup et l'Alachlor. Selon une étude réalisée en 1993 à l'Université de Californie (Berkeley), le Roundup était alors la première cause de maladie liée aux pesticides chez les jardiniers en Californie, et la troisième chez les ouvriers agricoles.

La reconversion de Monsanto dans les "sciences de la vie" a amené cet industriel biocidaire à vouloir racheter la Delta and Pine Land Seed Company, détentrice depuis mars 98 - conjointement avec le Ministère américain de l'Agriculture ! - d'un brevet portant sur le "contrôle de l'expression des gènes". Opportunément baptisée "Terminator", cette technique détruit la capacité qu’ont les plantes de se reproduire sans avoir recours au marché, propriété anti-économique s'il en est. Cette concurrence déloyale que la vie fait subir aux industriels semenciers pourrait prendre fin prochainement : trente brevets de type Terminator ont déjà été déposés et certains d'entre eux sont sur le point d’être commercialisés.

Les développements techno-scientifiques et marchands s'appliquent aujourd'hui plus que jamais sur un mode totalisant, sinon totalitaire, affranchis de toute mesure extérieure à leur propre accélération.

La transgenèse en est l'une des illustrations les plus abouties. Aux Etats-Unis, voir votre champ contaminé par le colza génétiquement altéré du voisin peut vous valoir des poursuites judiciaires de la part de Monsanto, pour "vol de technologie". Les choses semblent donc claires. Le monde est voué à se partager en deux camps : celui des êtres "vivants" stérilisés pour assurer le profit et celui des êtres vivants qui le seront bientôt.
 
 

Nous n’avons que des transgènes à perdre et tout un monde à gagner !
 
 

Le colza et le maïs transgéniques détruits hier sont censés être rendus tolérants à l'herbicide total Roundup (càd manipulés pour absorber des doses de plus en plus massives d'herbotoxique Monsanto). Menacé par l'expiration de son brevet sur le Roundup aux Etats-Unis, Monsanto a trouvé là une parade apparemment infaillible : modifier les végétaux eux-mêmes, intégrer son copyright au cœur même du vivant, pour accroître ses parts de marché en herbicides et s'assurer, avec quelques autres firmes agrochimiques, un contrôle complet de la chaîne alimentaire.

Rappelons que le colza peut se croiser avec plus ou moins trois mille espèces apparentées communes dans notre environnement, dont le tabouret, la moutarde, la ravenelle, le raifort, le cresson, la cardamine,... Du pollen de colza transgénique a déjà été retrouvé à 2,5 kilomètres de la culture d'origine, alors qu'en Belgique les mesures destinées à "prévenir" la contamination ne prévoient un isolement que de 400 mètres...

Notons également qu'en cette matière personne ne paraît même s'embarrasser d'un semblant de respect des dispositions légales : ni Monsanto ni ses concurrents (Plant Genetic Systems, Novartis,...) n'ont par exemple obtenu d'autorisation pour leurs "tests" pour l'année 2000 (ce qui permet de fait d'éviter la publication de la liste des disséminations volontaires d'OGM, obligatoire chaque année au plus tard le... 31 janvier !). Dans un tel contexte, quel crédit accorder au suivi des moindres mesures de "précaution" ?

Nous n'en appelons de toute façon pas à un meilleur encadrement étatique ou institutionnel des prétendus "essais" d'OGM. Les organes de "biovigilance" (!!) et autres comités techniques ou éthiques ne voient le jour que lorsque "le coup est déjà parti", pour accompagner des processus mortifères et tenter de tranquilliser sur la possibilité d'un "contrôle" que leur existence même dément.

Nous réaffirmons ici notre ambition d’aboutir tôt ou tard à un monde libéré des OGM. Peut-être cette première mise en œuvre directe et collective d’un "principe de précaution" trop souvent vidé de son sens permettra-t-elle d'entrouvrir la voie à autre chose qu’au "meilleur des mondes transgéniques"...
 
 
 
 

Deux cents ennemis du meilleur des mondes transgéniques, Belgique, 08 mai 2000
 
 

Pour lire (ou écouter en real audio) le commentaire pendant l'action d'un "ennemi du monde transgénique", rendez-vous sur www.rtbf.be/jp/ (journal parlé du 08/05, édition de 8h du matin).

"VOUS semez la technologie, NOUS récoltons le profit" (d’après l’un des subtils slogans de Monsanto).
 
 



 

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