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La récolte gronde
 
 

Dimanche 7 mai 2000 à Namur







Quelques Ennemis du Meilleur des Mondes Transgéniques vous invitent à participer à une journée champêtre de rencontre et de protestation contre la dissémination dans la nature des Organismes Génétiquement Modifiés.

Des OGM dans votre assiette. et votre jardin !

Alors qu'une attention collective encore balbutiante commence à se manifester par rapport à la présence d'ingrédients génétiquement modifiés dans la grande majorité des produits alimentaires, qu'en est-il de la culture des OGM, condition indispensable à leur imposition dans notre assiette ?

L'état des lieux se passe de commentaires : 186 autorisations de "dissémination volontaire dans l'environnement" ont été accordées en Belgique entre 1986 et 1999, chacune d'entre elles pouvant correspondre aussi bien à une parcelle de quelques dizaines de mètres carrés qu'à des champs de plusieurs hectares.

En 1999, près de 100 hectares de végétaux génétiquement manipulés ont ainsi été semés sur le sol belge : quelques milliers de mètres carrés de chicorée, deux hectares de maïs, quatre de betteraves et quatre-vingt neuf de colza. Répartis sur 122 sites, ces champs sont autant de sources de contamination de notre environnement et autant de pas déjà accomplis dans le sens de l'expropriation du monde agricole. Rappelons que le colza, par exemple, peut se croiser avec plus ou moins trois mille variétés différentes dont le tabouret, la moutarde, le raifort, le cresson, la cardamine,... Du pollen de colza transgénique a été retrouvé à 2,5 kilomètres de la culture d'origine.

Le cynisme industriel et administratif qualifie ces cultures de "tests", "essais" ou "expérimentations", ce qui contribue à entretenir une double illusion :

Les cultures "tests" d'OGM sont en fait une vue de l'esprit : n'existent que des sites de culture commerciale en attente de rentabilisation.

Les sites que compte notre pays (autorisations de 1999) portent d'ailleurs exclusivement des plants tolérants aux herbicides Roundup et Basta, destinés à subordonner un nombre maximum de paysans aux multinationales des "sciences de la vie" qui en détiendront le brevet, donc à augmenter leurs profits.
 
 

Pour nous:

L'introduction du génie génétique dans l'agriculture participe d'un mouvement mondial de recul de la souveraineté et de dépendance accrue du Sud envers le Nord, des paysans envers l'industrie agro-alimentaire, des citoyens envers les marchés, de la politique envers l'économie. La recherche n'est progrès que si elle est élaborée et partagée par tous.

La transgenèse participe d'une fuite en avant technologique dans une agriculture toujours plus industrialisée, déshumanisée et uniformisée dont plus personne ne veut. Cette dernière est responsable de nuisances, d'excédents, de malnutrition et de ruine en augmentations constantes.

Les théories en vogue parmi les généticiens sont simplistes, dépassées et imprécises. Elles relèvent d'une conception étriquée du génome, selon laquelle le gène transmet "sa" caractéristique, or on ne peut ni déterminer que tel gène "possède" telle caractéristique ni exclure que la "disposition" des gènes ait une influence. Les gènes ne sont pas des unités isolées en simple correspondance l'un à l'autre. Nos connaissances lacunaires des interactions en jeu ne permettent pas de comprendre exactement les conséquences de la transgenèse.

Les conséquences sociales, environnementales et sanitaires de ces "disséminations volontaires d'OGM dans l'environnement" sont inestimables. Les risques sanitaires sont : de nouvelles toxines et des allergènes dans notre alimentation, des maladies plus virulentes et des bactéries résistantes aux antibiotiques. Les risques environnementaux : des mauvaises herbes super-tolérantes et de "super-accidents", une perte de la biodiversité et une rupture des équilibres naturels.
 
 

De plus, nous ne pouvons accepter que la dissémination d'OGM se déroule dans la plus totale opacité. Le gouvernement refuse de répondre aux obligations légales de publicité, en particulier, la publication, prévue par la loi, des "fiches d'information du public".
 
 

Le "principe de précaution" comme cheval de Troie du complexe génético-industriel

Les promoteurs du "meilleur des mondes transgéniques" eux-mêmes se réclament aujourd'hui du "principe de précaution". et pour cause, puisque, loin d'être logiquement appliqué à tout ce dont l'innocuïté n'a pas été démontrée (donc d'aboutir à la suppression des prétendus "essais", en champs ou ailleurs), il finit par devenir la justification de ces mêmes "essais" ! Par un subtil tour de passe-passe, la "précaution" qu'il énonce, pourtant la plus aisée à mettre en ouvre dès maintenant, est évacuée au profit d'un long et coûteux processus de "démonstration" de la possibilité que les OGM ne soient pas aussi dévastateurs que ça. Ce détournement du "principe de précaution" nous renvoie une fois encore à l'un des enjeux majeurs de la résistance aux "biotechnologies" : la capacité collective à reconquérir la sphère d'une techno-science qui se veut autonome.
 
 

Quelques Ennemis du Meilleur des Mondes Transgéniques (QEMMT)

 " Attendre de pouvoir constater les effets des biotechnologies pour en juger, comme on attendrait le résultat d'une expérience pour se prononcer sur la validité d'une hypothèse, c'est négliger, entre autres choses, que nous sommes les cobayes de cette expérience-là. (...) la transgénèse par définition engendre des monstres, au sens strict. (...)" Remarques sur l'agriculture génétiquement modifiée et la dégradation des espèces, éditions de l'encyclopédie des nuisances, Paris, 1999.
 
 
 
 

Les cobayes se révoltent.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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