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L'opinionpublique face aux plantes transgéniques


Le 24 novembre 1998s'est tenu un grand débat à la cité des sciences etde l'industrie animée par des journalistes du quotidien le monde.D'un débat qui se devait être un "bourrage de crâne"afin d'entériner les décisions prises par les autoritéson en est arrivé et un débat qui s'est tenue dans la salle...En effet, un groupe d'activistes du nom de " quelques ennemis du meilleurdes mondes transgéniques " d'une vingtaine de personnes ont commencéà invectiver et à lancer des œufs pourris sur les intervenants.Leur but était manifestement de montrer à l'assistance quenous n'avions pas à faire à un réel débat...les activistes semaient donc la confusion depuis une quinzaine de minuteslorsque à peine arrivé dans la salle pour rejoindre d'autres,venus, tout comme moi assister à un vrai débat, je comprisla mascarade. J'évaluais donc rapidement la situation et àl'invitation d'un homme debout sur la scène qui demandait àl'un des activistes de prendre la parole je décidais de répondreà son invitation et de prendre le micro :

bonsoir Mr. le professeur,je me présente Cajeard des imprimeries Cajeard à Cajeard,voilà, je voudrais savoir si on peut mettre un gène de pouletdans le Smilblick (malheureusement ma blague ne réussit pas àdétendre l'atmosphère). Soyons sérieux ! Je me présente: Marc Jutier, ingénieur en physique de l'Ecole Polytechnique deMontréal, responsable des publications du Mouvement Ecologiste Indépendantpour l'Ile de France. Je suis convaincu que le problème soulevépar les organismes génétiquement modifiés (O.G.M.)est fondamental dans le sens qu'il met sur la scène politique lepouvoir joué par la secte du matérialisme scientiste et deleurs gourous les apprentis technosorciers. Issu d'un milieu scientifique,je sais très bien que les modèles inventés pour expliquerles phénomènes physiques, chimiques, biologiques et autresne sont justement que des "modèles". L'arsenal mathématiqueet donc conceptuel qui soutend ces modèles ne représente,en aucun cas, une vérité ultime. En clair, la véritéscientifique n'existe pas. Même si le modèle matérialisteest parfois utile et pratique pour expliquer certains phénomènes,il ne faut surtout pas en rester prisonnier. La technoscience s'est instauréecomme la religion, la croyance dominante en Occident. Au nom de cet intégrisme,on s'est permis de faire des bombes H et aujourd'hui on se permet de manipulerla vie. Posons-nous les vraies questions : est-ce que nous avons besoinde mettre un gène de poisson dans la tomate pour être heureux? Est-ce que nous avons besoin de mettre un gène d'homme dans leriz pour entretenir les profits des multinationales pharmaceutiques ? Notresociété est devenue "folle". Nous le savons tous. Nous devonsnous arrêter pour nous poser de vraies questions et pour trouverensemble de vraies réponses. En fait, aussi longtemps que nos démocratiesseront aux ordres des pouvoirs financiers et de leurs gourous les technosorcierséconomistes, physiciens ou biologistes ; aussi longtemps que lacroissance et le profit de quelques multinationales passeront avant lerespect de la nature, des êtres vivants en généralet des milliards d'être humains en particulier ; aussi longtempsque nous accepterons de travailler, de con-sommer et de vivre sans nousremettre en question ; aussi longtemps que nous aurons peur d'avoir peur; le matérialisme néo-libéral continuera inexorablementsa destruction des cultures, des peuples, des forêts tropicales,de la couche d'ozone... et de notre propre humanité intérieure.Nous deviendrons alors les rouages parfaitement efficaces, productifs etrentables du nouvel ordre mondial néo-libéral. Voilà! C'était Marc Jutier en direct de la cité des Sciences etde l'Industrie. Bonsoir et à bientôt.
 
 

Quelques ennemis du meilleurdes mondes transgéniques.
 
 

( Tract distribuéce soir là par les activistes)
 

Rendez-vous! Citoyens ! Paris, le 24 novembre 1998,
 

Quand les manipulateurs duvivant veulent assurer leurs tripatouillages marchands, ils étudientattentivement avec leurs collègues les manipulateurs de l'opinionles réactions du cobaye sur lequel ils expérimentent en commun: le citoyen, cette chose publique qui a remplacé l'homme. Quelquessemaines avant la décision " sur le fond " du conseil d'Étatconcernant l'autorisation de mise en culture de trois variétésde maïs transgéniques Novartis, l'équipe caudatairedu Monde en partenariat avec la cathédrale des sciences etde l'industrie et avec la bénédiction de Jean-Yves Le Déaut,député grand coordinateur de mascarades citoyennes et démocratiques,nous pondent un débat sur " l'opinion publique face aux plantestransgéniques ". Et cela, faut-il s'en étonner, dans ce templede l'idolâtrie technophile moderne (y avait-il endroit plus approprié,lorsqu'on est sommé d'applaudir à la disparition programméede l'agriculture et de la paysannerie ?).

Ils sont venus, ils sont touslà : universitaires de tout poil, sondeurs, scientifiques... ily a même un PDG -- celui de Limagrain, troisième semenciermondial associé à Rhône-Poulenc pour le développementdes technologies génétiques -- et in extremis, un écologistede Greenpeace, la multinationale de l'environnement, qui prospèrentgrâce à l'apathie de citoyens muettement hostiles au destinde cobayes qu'on leur réserve.

Pour ces messieurs " l'opinionpublique " n'est plus que l'émanation d'un ensemble d'individusatomisés, n'ayant d'autre capacité pour se former une opinionque le recours aux médias. Des statistiques à variationscorrigées, des sondages aux questions inessentielles bref, des chiffreset des clichés à manipuler selon des procédéscabalistiques. La seule discussion qu'ils peuvent avoir entre eux sur lesOGM concerne bien évidemment " les facteurs de l'acceptabilitésociale de ces nouvelles technologies végétales ".

Il ne s'agit donc pas de parlerdes " risques et des bénéfices liés aux OGM " en tantque tels, et certainement pas du fait que tous les groupes d'assuranceaux Etats-Unis comme en Europe refusent de couvrir les risques écologiqueset sanitaires inhérents à ces organismes. Comme le proclamela multinationale agrochimique Monsanto : " les meilleurs produits s'appellentbénéfices. " Pour de tels débats, il existe des réunionsplus discrètes, parce que privées, tel ce séminaireorganisé les 23 et 24 septembre 1998 à Paris avec la participationdu ministère de l'agriculture, de l'INRA, de Novartis, Monsanto,des grands distributeurs, des cabinets de juristes, etc. " appliquez lesbiotechnologies de demain ! " était le thème discuté.Parmi les points abordés figuraient ceux-ci, en effet capitaux :" Rompre le tabou de la culture transgénique, éviter lesmises en cause de [leur] responsabilité juridique, préparerdes plans de retrait si nécessaire... "

" Comment le citoyen peut-ilêtre associé à la décision publique ? " Voilàqui veut bien dire que cette " décision publique " (décisiondes pouvoirs publics, de l'État) est prise sans lui et que les choixsont déjà faits lorsqu'il est question de l'associer en tantque potiche, figurant sur la photo d'arrivée dans la course àla soumission à ce qui existe, pour donner une légitimitédémocratique aux diktats du totalitarisme technologique. Il estdonc urgent de le convoquer pour le presser de s'exprimer, de collaborerà ce petit brain-storming. Elle permettra aux spécialistesen manipulations diverses, journalistes, parlementaires, contestatairesprofessionnels et scientifiques, de trouver les thèmes et de renouvelerleur stock d'idées sur la manière de présenter àl'opinion les nouvelles autorisations de semences transgéniqueset autres saloperies.

La technologie a annihiléle politique en imposant ses choix à travers ses produits, les rapportsde production et les dépendances qu'ils impliquent. Reste àla société à s'adapter, à charge pour tousceux qui dépendent de cette puissance de la soumettre : c'est bienlà ce à quoi veut participer ce genre de débat truqué...

La messe de ce soir et dansla continuité de la conférence des citoyens qui en juin 1998avait inauguré cette pratique de la démocratie génétiquementmodifié. Pendant trois jours, Jean-Yves le Déaut avait alorsréuni un panel de citoyens baptisés non sans humour " candides" dans une annexe de l'Assemblée nationale. Le but de tout celaest de convaincre le péquin moyen qu'il est un citoyen bien de sontemps et lui donner l'illusion de participer à des décisionsqu'il n'a pas prises. Plus personne, semble-t-il, ne se pose la questionde savoir à quoi tout cela sert. Quant à nous, nous ne resteronspas les yeux fermés devant l'étendue du désastre.

c/o ACNM, BP 178 75967 ParisCedex 20
 
 
 

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