Le RCR organise unecampagne de lettre à écrire aux supermarchés



 
 

From: Antoinette Brouyaux 
Date: Thu Apr 1, 1999
Subject: action consommateurs enBelgique


Chantal LeNoallec a écrit :
Que signifie être citoyen/consommateur? Le citoyen dont on nous parle est-ce seulement un consommateur un peuactif ? En fait, j1ai surtout l1impression que ce citoyen, qui devraitprendre part aux lois de la cité, n1a en réalité aucunpouvoir sur celles-ci, car même l1État dont il dépendest au service et sous la coupe des firmes transnationales qui elles fontles lois. Comment le pauvre citoyen aurait-il un pouvoir quelconque, alorsque même les États n1en ont plus ? 

Je ne suis pas d'accord, et j'en profitepour vous donner des nouvelles de Belgique !
Enbref, le Réseau des Consommateurs Responsables a lancé uneaction en Belgique sur les OGM. Comme personne d'autre ne l'avait encorefait ici, les journalistes se sont rués sur l'info de sorte qu'ellefut reprise dans les trois principaux quotidiens francophones du pays lelendemain, le journal télévisé le soir même,et dans plusieurs passages radios. Laconférence de presse de lundi 29/3 fut il faut dire bien organisée: mais surtout, je pense que ce qui a plu aux journalistes (et aux gensqui ont téléphoné suite aux annonces), c'est le tonrésolument badin adopté pour cette campagne, et non doctrinaireet sérieux. Soit plutôt que de les assomer de "non aux OGM"catégoriques qui nous aurait fait passer pour des extrémistes,on a plutôt dit : "ben oui quoi, en tant que citoyens on a bien ledroit de chercher à savoir ce qu'on veut nous faire bouffer, voussavez, les experts, c'est nécessaire qu'on les surveille de tempsen temps ... d'ailleurs le Prince Charles il est contre les OGM aussi,etc etc." Je suis étonnéepar les réactions des gens qui nous ont demandé en retourl'info par la poste : beaucoup de personnes âgées, une déclarant"c'est pour les organismes génétiques !", et l'autre, "voussavez, je ne suis plus toute jeune ... mais je lutte, je lutte !", uneautre enfin voulait distribuer les lettres d'info aux membres de son associationde protection des animaux. Des enseignants et des étudiants appellentégalement, qui veulent organiser un débat; et des mouvementscatholiques, etc Bref, pas les habituels"militants engagés" que je fréquente depuis quelques années,mais plutôt Monsieur et Madame Tout le Monde.  Parcontre, la réaction au sein des organisations de consommateurs officiellesa été beaucoup plus circonspecte. Sans aggressivitémais avec précision, il m'a été expliqué quenotre campagne était un peu opportuniste, dans le sens oùelle n'a pas été précédée d'une concertationen bonne et dûe forme dans les organes et commissions prévuespour ce faire. Et où depuis deux années, on se garde biend'aborder ce brûlot ... De plus,la campagne du R.C.R. (cfr lettre type ci-dessous des consommateurs auxgrandes surfaces) serait malhonnête parce qu'elle demande des chosesimpossibles comme un étiquetage clair et la transparence, alorsque les méthodes d'analyse existantes ne permettent pas de détecterles OGM dans la plupart des cas.(Justement on peut répondre àcela que les consommateurs revendiquent la mise au point de systèmesde détection : jusqu'à présent, personne n'a trouvéd'intérêt à perfectionner cette technologie ou àmettre au point un système de contrôle quelconque ... puisquecelui-ci n'était pas demandé !) Autrecritique qu'on m'a formulée : en choisissant comme cible les gérantsdes grandes surfaces, la campagne du RCR leur fait indirectement de lapublicité (on rentre dans leur stratégie de marketing).Bref, les promoteurs du RCR sont suspectésd'être soit brouillons (c'est un peu vrai, mais bon ...), soit manipulateurs,etc. Comme nous sommes ici en période électorale (triplesélections le 13/6), les sensibilités politiques pointentleur nez à travers ces prises de position. D'une manièreou d'une autre, l'initiative du RCR a donc le mérite de secouerle cocotier institutionnel, qui sur ce point avait drôlement besoind'être secoué. Par ailleurs,il fut aussi question de cette campagne lors d'une récente réuniondes représentants de la grande distribution en Belgique, qui sonteux-mêmes attentifs comme leurs confrères européens,aux prises de position des consommateurs sur les OGM. Bref, avant mêmede recevoir les copies de lettres via les gérants, ils préparentdéjà leurs réponses !  Ilnous faut à présent organiser le suivi de cette campagne,discuter avec ceux qui nous critiquent, etc. Du pain sur la planche ...Mais en tout cas, depuis lundi, je suis encore plus convaincue que l'opinionpublique est à présent prête à entendre l'appelque peuvent lancer les organisations militantes : en acceptant de ne pasmettre tout de go en avant des positions très tranchées,en insistant sur l'indispensable contrôle des experts par les citoyens(il faut dire que depuis 1996 et la Marche Blanche, en Belgique, la réthoriquede la citoyenneté connaît toujours un grand succès).L'avantage du Réseau des ConsommateursResponsables, c'est aussi que ce réseau compte un certain nombred'associations importantes et très crédibles dans l'opinionpublique. De plus, nous avons bénéficié pour préparercette campagne OGM, de la collaboration d'ONG de développement trèsengagées et très actives, avec lesquelles nous allons encoretravailler à l'avenir quand eux organiseront des trucs (ils noussoutiennent, on les soutient ...)  Cemilieu des ONG, c'est le même réseau qui s'était mobiliséici contre l'AMI. Et, vous avez vu que cet AMI, on l'a quand mêmefortement ébranlé (même si tous les problèmesne sont pas résolus pour autant), en se mobilisant ainsi partoutdans le monde. Je suis sûre qu'avec les OGM, on va aussi obtenirdes résultats, même si ce ne sera pas la révolutiontotale. On va au moins leur montrer qu'ils ne font pas encore tout àfait tout ce qu'il veulent, les gars de Monsanto et cie ! Voilà: tout ça pour vous dire que c'est possible ! Il faut y croire !Mais le front de résistance ne se construit pas en un jour, c'estun travail de longue haleine ... Et puis à un moment donné,il faut se dire : on fonce ! A propos,où en êtes-vous dans l'action "pas d'OGM dans nos cantines"?Hé les amis, n'attendez pas qu'on soit submergés d'infossur le boeuf aux hormones (le 13 mai, ne l'oubliez pas), ou d'infos surles élections (le 13 juin), ou que tous les parents d'élèvessoient partis en vacances ! Pourquoine lanceriez-vous pas cette affaire dans la presse, juste aprèsles congés de Pâques ? Allez... et un petit coup de pied au derrière, un !AntoinetteCi-dessous: le contenu du bulletin de campagne et la lettre type que nous proposonsaux consommateurs de transmettre aux gérants de leur grande surfacepréférée - (après tout ce que j'ai écritsur les fichiers en attachement ...je vous envoie tout ceci à laqueue leu leu, j'espère que vous pourrez le lire - sinon demandez-moice que vous voulez par E-mail)

EDITODE LA NEWSLETTER :
LesOGM, organismes génétiquement modifiés*, vous connaissez? 

Maissi, vous en avez encore mangé le mois passé. Comment, vousn’étiez pas au courant ?

C’estque l’information sur ce sujet manque cruellement. Hé oui, voilàbien un domaine où les consommateurs se sentent peu informés,voir floués !

Quesavons-nous sur les OGM ? Se trouvent-ils déjà dans notreassiette ? Quel est leur impact sur notre santé, l’environnement,les agriculteurs de nos pays et ceux des pays du Tiers Monde ?

Enfait, une révolution sans précédent depuis l’apparitionde la vie sur terre se déroule sans que le citoyen soit consulté!

Sile tout nouveau Réseau de Consommateurs Responsables a choisi lesOGM pour sa première campagne, c’est bien pour ces raisons là.Les consommateurs sont trop peu ou mal informés et, surtout, biendes questions restent posées sur les conséquences de la productiond’aliments transgéniques.

Or,vous et moi nous pouvons exercer une influence déterminante surcette situation par des choix de consommation responsable. Il est tempsde remettre l’être humain au centre de l’économie, de s’arrêterun instant face à la course folle au " progrès scientifique", et de réfléchir. Nous pensons que les bénéficesfinanciers ne sont rien s’ils appauvrissent une majorité pour enrichirune minorité.

Concrètement,nous vous proposons, en tant que consommateur, de participer à uneaction envers les grandes surfaces. Elles ont une grande responsabilitéen tant que distributeur et marque propre dans la fabrication et la distributionde produits pouvant contenir des OGM. 

Ilvous suffit de déposer dans la boîte à suggestionsde votre supermarché la lettre ci-jointe adressée aux gérants…et d’en parler autour de vous ! (Vous trouverez la lettre à reproduireen page 4 de ce document).

Parailleurs, si vous souhaitez soutenir le Réseau de ConsommateursResponsables, nous vous invitons à en devenir membre pour ainsirenforcer le poids du Réseau et lui permettre de mener àbien son action. En devenant membre du Réseau, vous recevrez notrebulletin de liaison qui vous informera sur la poursuite et les résultatsde la campagne OGM et sur les autres activités du Réseau.

Leconsommateur est Roi... paraît-il. Nous vous proposons aujourd’huide reprendre cette 

place!

LeRéseau de Consommateurs Responsables

*Les organismesgénétiquement modifiés sont des plantes ou des animauxdont on a artificiellement changé la structure génétiquedans le but de leur conférer des caractéristiques particulières(par exemple : résister à un herbicide, à un virus…).Pour ce faire, on insère dans le patrimoine génétiquede cet être vivant un ou des gènes issus du patrimoine génétiqued’un autre être vivant. On réalise ainsi des " croisements" qui n’auraient jamais pu se produire naturellement.Editeurresponsable : Vincent Commenne ? Rue des Brasseurs 115 ? 5000 Namur - Nepas jeter sur la voie publique.
Notre santé

Elle est potentiellement menacéepar les OGM. Plusieurs études montrent que les aliments transgéniquescomme le soja pourraient favoriser les allergies. Les aliments transgéniquesaugmenteraient également la résistance des bactériespathogènes aux antibiotiques, rendant certaines maladies gravesdifficiles à traiter. Les plantes conçues pour résisteraux insectes secrètent leur propre insecticide. Quel est l’impactde celui-ci sur notre organisme ?

Un chercheur écossais, qui étudiaitles effets des pommes de terre transgéniques sur la santéde rats, a montré que ceux-ci, nourris pendant dix jours avec cespommes de terre, présentaient des altérations au niveau deplusieurs organes vitaux (estomac, viscères, cerveau..). Leur immunitéface aux maladies avait également diminué. Ce professeur,du nom de Pusztai, a d’abord été suspendu de ses fonctions,puis réhabilité par ses pairs. Des recherches plus récentestendent à confirmer ses premiers résultats.

Pour en savoir plus :

-Des inconnus dans nos assiettes. De lavache folle… aux aliments transgéniques. Paris : Castells Editions,1998.

-Santé, Environnement : La menacetransgénique - Que choisir n°356, janvier 1999 - pp.18-19

-Food Scandal exposed - Michael Sean Gillard,Laurie Flynn, Andy Rowell, The Guardian of Friday February 12, 1999.

Les firmes multinationales

Citons par exemple Monsanto, qui a revenduses entreprises chimiques pour racheter plusieurs firmes actives dans ledomaine des biotechnologies ; misant gros sur les OGM, ces sociétésveulent rentabiliser leurs investissements et engranger des bénéfices.Pour financer les recherches qu’elles mènent, elles font déposerdes brevets sur les plantes transgéniques qu’elles créent,s’appropriant ainsi pour leur seul profit la diversité génétiquemondiale, patrimoine commun de l’humanité. Elles ont tout intérêtà nous faire croire que les OGM sont non seulement sans danger maismême bénéfiques. Leur argument massue est que les biotechnologiessont indispensables si l’on veut nourrir la planète. C’est faux: la faim et la malnutrition résultent d’une mauvaise répartitiondes richesses, pas d’un manque au niveau de la production agricole. 

Pour en savoir plus :

-Firmes : la naissance d’un cartel ? Pierre-BenoïtJoly, Courrier de la Planète (SOLAGRAL) n°46, Juillet/août1998, pp.30-32

-Monsanto, le nouvel ordre génétiquemondial ? Eric Mahieu, Demain le monde n°26? sep 1998, pp.18-20et Demain le Monde n°27? oct 1998, pp.16-18

Les citoyens

Partout dans le monde, les réactionss’organisent. De grandes ONG comme Greenpeace, les Amis de la terre, OXFAM,mènent des campagnes qui commencent à porter leurs fruits.En France, une carte des expérimentations a été dressée: elle révèle beaucoup d’inconnues. Un groupe de paysansdu Karnataka, en Inde, tentent de chasser Monsanto du pays. Le Prince Charlesd’Angleterre a clairement pris parti contre les OGM, tout comme d’autrespersonnalités.Des pays comme l’Autriche et le Luxembourg refusent l’importation de maïstransgénique.

Pour en savoir plus, lire :

-Des associations dénoncent le secretentourant les cultures d’OGM, Le monde du 4 mars 1999.

-Site Internet de Greenpeace : http://www.greenpeace.fr

-Site Internet du Prince Charles d’Angleterre: http://www.princeofwales.gov.uk

Notre environnement

Notre environnement est égalementmenacé par les OGM. Le plus grand danger réside dans lesrisques de dissémination de ceux-ci dans la nature. Les OGM sontdes organismes vivants sans passé évolutif et sans prédateurnaturel. Leur comportement en pleine nature est donc imprévisible,leur impact sur les écosystèmes trop mal connu. C’est pourquoinous défendons le principe de précaution. De plus, les OGMsont conçus pour être utilisés dans le cadre d’uneagriculture de type industriel et intensif ; ce type d’agriculture, quifavorise la production en grands champs de plantes hyper-productives etstandardisées entraîne inexorablement une érosion dela biodiversité (c’est à dire la diversité naturelledes êtres vivant). Il faut savoir que nous perdons à chaqueminute et pour toujours des espèces vivantes que la nature a misdes millénaires à élaborer. L’utilisation massivede plantes transgéniques ne fera qu’accélérer encorece processus irréversible.

Pour en savoir plus :

-Transgénique : le temps des manipulations- Paul Lannoye (Sous la direction de), Editions Frison Roche, 1999, 166pp.

-Les risques de la disséminationdes plantes transgéniques pour l’environnement, Catherine Goupillon(INRA), Le courrier de l’environnement de l’INRA n°27 ? avril1996, pp.45-56

-Agriculture et environnement : menacessur les terroirs - (SOLAGRAL), Le Courrier de la Planèten°34 ? mai/juin 1996, pp.6-59.

Les paysans de chez nous

Ceux qui défendent une agriculturede qualité ne veulent pas devenir dépendants de quelquesfirmes qui les considèrent comme de simples exécutants. Ilsrefusent d’être forcés pour survivre de travailler de façonindustrielle au détriment de la qualité, du terroir et del’environnement. Les semences transgéniques, si elles leur permettentparfois d’économiser un peu sur les pesticides, sont vendues àun prix plus élevé que les semences classiques : en clair,l’agriculteur n’y gagne rien. Par contre, les agriculteurs bio craignentla contamination de leurs champs par les semences transgéniquesde leurs voisins, telles que le maïs contenant un gène de BacillusThuringiensis, seul pesticide naturel autorisé en agriculture biologique.A terme, cela entraînerait une adaptation de l’insecte ravageur (enl’occurrence la pyrale du maïs), rendant cet insecticide naturel inefficacepour les cultures bio.

Pour plus d’informations, lire :

-Pouvoir des firmes agrochimiques : faut-ilavoir peur des aliments transgéniques ? Dorothée BenoîtBrowaeys, Pierre-Henri Gouyon, Le Monde Diplomatique n°530,mai 1998, pp.26.

-Contacter la CWAAD : Coordination wallonnepour une alimentation de qualité et une agriculture durable ? Renseignements: Geneviève Carrette, rue de la Tourlouette, 5, 5362 Achet ? 083/6117 65 (entre 8h30 et 1h00).

-Consulter le site Internet de la rencontreBarcelone99, débat public et citoyen sur l’avenir de l’agricultureen Europe : 

http://www.barcelona 99.org

Les consommateurs

Les consommateurs craignent pour leur santéet réclament le droit d’être informés sur ce qu’ilsmangent. S’il s’agit de consommer des aliments transgéniques, lapreuve de leur innocuité devrait au préalable êtrefaite. Il paraît donc indispensable de financer des recherches indépendantessur les risques réels pour la santé humaine avant toute commercialisation.Non seulement les OGM effraient le public par leur coté anti-naturel,mais en plus, ils semblent ne présenter aucun avantage par rapportaux produits traditionnels. En l’absence de certitudes, un étiquetageclair des produits contenant des OGM est l’une des revendications majeuresdes mouvements de consommateurs.

Pour en savoir plus :

-Aliments transgéniques : des craintesrévélatrices, Ali Brac de la Perrière, Arnaud Trolle(Sous la direction de), Paris : Editions Charles Léopold Mayer,1998, 114 pp.

-Des OGM dans nos assiettes ? Test-achatMagazine n°417 ? janvier 1999, pp 4-7.

Les paysans des pays en développement

Déjà précarisés,ce sont les victimes toutes désignées des multinationalesde l’agro-business. Dans nos contrées, les fermiers rachètentles semences chaque année pour obtenir de meilleurs rendements.Au Sud, il n’en va pas de même : les agriculteurs travaillent encoremajoritairement dans de petites exploitations familiales et réutilisentles semences de leurs cultures d’une année à l’autre. Or,les brevets déposés sur les semences transgéniquesdevraient à terme les forcer à changer ces habitudes quien font de "mauvais clients " pour les semenciers.  Acheter des semencesbrevetées implique de payer des royalties sur ces semences. Afind’empêcher toute réutilisation des semences, l’USDA, le ministèrede l’agriculture des Etats-Unis, a mis au point un transgène capablede rendre les plantes stériles à la deuxième génération.Ce gène, communément appelé Terminator, est àprésent propriété de la firme Monsanto qui a rachetéle brevet. Cette technique portera à l’extrême la mainmisedes multinationales sur la sécurité alimentaire mondialeet réduira encore la variété des cultures, garantede la biodiversité.

Pour en savoir plus, lire :

-La nature sous licence, ou le processusd’un pillage, Vandana Shiva, Genève : CETIM, 1994, 144 pp 

-" Semailles ", Lettre d’informationde la campagne souveraineté alimentaire, n°1 février1998 et n°2 juin 1998, éditée par Oxfam Solidarité.

Les scientifiques

Parmi ceux qui ne travaillent pas directementpour des firmes actives dans le secteur des biotechnologies, les scientifiquestirent la sonnette d’alarme : la science doit être contrôléepar les citoyens, car elle peut être utilisée pour défendredes intérêts privés. Il ne faut pas s’en remettre aveuglémentaux " experts ". Chacun a son mot à dire sur des sujets mêmetrès techniques, quand il s’agit de risques importants pour tous.Jonathan Rhodes, professeur de médecine à l’Universitéde Liverpool, suggère : " à partir du moment ou l’on modifiela structure génétique des aliments, il faut considérerque ces aliments s’apparentent à des médicaments, et lessoumettre aux mêmes contrôles que les produits pharmaceutiques". Les fonds alloués pour une recherche publique indépendanteet de qualité sur les risques liés aux biotechnologies doiventêtre augmentés.

Pour plus d’informations, voir :

- Plantes et aliments transgéniques,Jean-Maris Pelt, Editions Fayard, 1998, 182 p

-Biotechnologies : le droit de savoir,Gérard Tobelem et Pascale Briand, Paris : John Libbey Eurotext,1998, 285 P.

-Chercheurs et citoyens, Guy Paillotin,LeCourrier de la Planète (SOLAGRAL) n°46 ? Juillet/août1998, pp.6-7 

 
OGM : 1000 raisons pour 

prendre des précautions

 
Le RCR ? Réseau de ConsommateursResponsables

L’objectif du RCR est de favoriser la consommationresponsable basée sur le choix des produits sains, favorables àl’environnement et produits dans des conditions sociales respectueusesdes droits de l’homme. Pour placer l’être humain au centre de l’économieet pour contribuer au développement durable, les consommateurs disposentd’un formidable pouvoir: en réalisant des choix responsables deconsommation, ils peuvent exercer une influence déterminante surla production.

Dans le cadre de cette campagne, nos légitimesrevendications sont les suivantes :

  • L’application du principe de précautionà toute l’alimentation en général et aux alimentstransgéniques en particulier. Tant qu’il n’y a pas certitude absoluesur l’innocuité des produits proposés, les autorisationsde mise en vente ne doivent pas être accordées.
  • En application de ce principe, nous réclamonsun moratoire sur l’importation d’aliments transgéniques.
  • En attendant l’entrée en applicationde ce moratoire, nous réclamons un étiquetage clair des alimentsavec mentions spécifiques : " contient " ou " ne contient pas "d’OGM. La réglementation sur l’étiquetage doit êtrerenforcée et surtout efficacement contrôlée. 
LETTRE TYPE:

Nom, prénom:

Adresse:

Date:
  

A l’attention du (de la) gérant(e)

du :.....................………………………………

situé : .................………………………………

....………………………………………………..


 
 

Concerne:Organismes Génétiquement Modifiés (O.G.M.)

Madame, Monsieur, 

Partout, nous entendonsparler des O.G.M. Les opinions sont nombreuses et divergentes quant auxrisques possibles pour la santé des consommateurs et pour l’environnement.De plus, de réelles menaces pèsent sur les producteurs agricoles,de nos pays mais aussi des pays en développement, qui deviennentde plus en plus dépendants du business agro-industriel.

En tant que consommateuret citoyen soucieux de ma santé et de celle de ma famille, profondémentattaché au respect des droits sociaux et humains et de l’environnement,je soutiens la campagne du Réseau de Consommateurs Responsables.Cette campagne a pour objectif de faire appliquer le principe de précautionen matière d’O.G.M. ainsi que le droit d’être informésur ce que nous mangeons.

Je souhaiterais savoirsi, en tant que distributeur, vous vendez dans votre grande surface desdenrées contenant des O.G.M. ou des résidus d’O.G.M.

Dans l’affirmative,je demande de pouvoir clairement identifier ces produits afin d’exercerpleinement et en connaissance de cause mon droit de choisir ce qui se trouveradans mon assiette. 

Par ailleurs, j’aimeraissavoir si en tant que marque propre (la marque de votre grande surface),votre enseigne est prête à s’engager à produire età distribuer des produits garantis sans O.G.M.

Déjà,un certain nombre de distributeurs en Europe, dont Delhaize en Belgique,ont fait des déclarations à ce sujet. Pourriez-vous me communiquerles positions de votre société à l’heure actuelle?

Dans l’attente d’uneréponse de votre part et en vous suggérant de vous référerau responsable de l’enseigne que vous représentez, je vous pried’agréer, Madame, Monsieur, mes salutations distinguées.

Signature