24 février 2000
Colloque: "Biotechnologie:espoir ou inquiétude?"
| Compte-rendude mon arrestation Le ministre de la recherchescientifique, Rudy Demotte, a pris l’initiative ( ?… c’est ainsi que lapresse ?le Matin du 23/2/2000- présentait la chose) d’organiserun colloque à propos de la directive européenne du 6 juillet98 (protection des inventions biotechnologiques) et de sa transpositionprochaine dans le droit belge. Ce colloque a eu lieu le 24 févrierdernier à la bibliothèque royale, à Bruxelles. Apprenant que ce colloquese décomposait en plusieurs parties, dont, en début d’après-midi,un débat soi-disant public entre deux personnes, Henry Bosch etDaniel Rahier, représentant la multinationale Monsanto (semences,agrochimie et biogénétique), et Robert Remy, représentantTest-Achats (et donc, on peut l’espérer, les consommateurs), nousavons pris l’initiative de nous inscrire sur la liste ouverte des participants,via internet, avec l’intention d’interpeller les porte-parole de Monsantoquant à leurs pratiques. Rendez-vous à 13hsur les marches de l’Albertine et première surprise : deux Ivecode la gendarmerie se garent en face de nous à l’heure exacte denotre rendez-vous, déchargeant leur cargaison d’agents répressifs.Ceci n’avait que peu éveillé notre méfiance : la foiredu livre battait son plein juste à côté. Puis nousles avons vus se mettre de faction à la SORTIE de la bibliothèqueroyale. Là encore, n’ayant prévu aucun " acte de militance" pouvant titiller la fonction de ces cerbères, nous ne nous sommespas sentis visés par ce déploiement de forces de l’ordre. Donc, vers 14h, nous noussommes présentés au nombre de 5 au bureau d’accueil et avonsdécliné nos identités. Il faut préciser icique, pour des raisons pratiques (au moment de nous inscrire, nous ne savionspas encore qui, parmi nous, serait disponible ce jour-là), nousavions proposé des noms imaginaires. Il s’agit d’une pratique courantequi n’avait jamais prêté à conséquence. L’employédu guichet, après avoir consulté son écran, est doncallé chercher un sbire de la BSR, en civil, planqué àquelques mètres. Celui-ci nous a demandé de déclinernos véritables identités. Un peu surpris, et aprèsavoir hésité (jusqu’à ce qu’il apparaisse évidentque nous n’entrerions pas dans la salle), nous avons obtempéré.Cet officier nous a alors invités à sortir, ce que nous avonsfait. Et dans l’escalier, nous nous sommes retrouvés encercléspar une dizaine de gendarmes, certains visiblement animés d’intentionsbelliqueuses, et nous avons appris que nous étions en étatd’arrestation. Motif ? Usage de fausses identités. Résultats ? une premièrefouille ?minutieuse- sur la voie publique, puis menottes, puis deuxièmefouille dans le cachot à roulettes. Ensuite, nous avons étéamenés au poste de gendarmerie de la chaussée de Louvainpour y être enfermés le temps que se termine le colloque.Là, alors que notre arrestation était qualifiée d’"administrative", nous nous sommes vus contraints de laisser prendre nos empreintes digitales,photos d’identité… en ce qui me concerne (ça n’a pas étéle cas de mes compagnons), j’ai également dû me déshabillerpartiellement pour laisser photographier mes tatouages. Après unpeu plus de trois heures de cellule, nous avons été relâchés,sans avoir été auditionnés, sans que nous puissionsprendre connaissance du procès-verbal de l’arrestation… et surtoutsans avoir pu participer à ce débat, ce qui nous semble êtrela seule véritable motivation de notre visite derrière lesbarreaux. L’officier de la BSR en civil(il n’a jamais voulu décliner son identité) est venu nousparler, informellement, pendant que nous étions en cellule, ce quinous a permis d’apprendre plusieurs choses (au conditionnel, rien ici n’ade caractère officiel) : Questions : un organisateurprivé (même mandaté par le ministère de la recherchescientifique) peut-il avoir accès ainsi au registre national dela population, pour se renseigner sur le public présent àun débat ? Et si nous avions utilisé nos véritablesidentités, que se serait-il passé, étant donnéque plusieurs d’entre nous avaient déjà étéarrêtés et/ou contrôlés administrativement lorsd’actions " malbouffe " non-violentes ? pas de réponse du fonctionnaire,juste un petit sourire, puis plus tard dans la conversation, une invitationà ne plus utiliser de " faux noms ". A notre sortie, nous avonsaussi constaté qu’une grande partie de nos tracts ainsi que la totalitéde nos autocollants " risque d’OGM " avaient été saisis,sans que cette saisie soit renseignée sur un quelconque documentadministratif, donc justifiée. Les deux gendarmes préposésà nous donner notre " bon de sortie " ont été jusqu’ànous répondre, quand nous exigions qu’ils nous rendent TOUTES nosaffaires : " non, ils sont saisis, et cela figure sur le PV de l’arrestation.vous voulez retourner en cellule ? ". oui, mais quel PV ? nous n’avonsjamais été entendus officiellement, nous n’avons jamais puprendre connaissance de ce texte dont ils avaient jusque-là niél’existence. Il reste encore un pointqui nous semble trouble : nous avions rendez-vous à 13h, sur lesmarches, devant la bibliothèque royale. Nous ne nous étionstransmis le lieu que la veille, par téléphones. Or, la gendarmerie,pas plus que l’organisateur, n’était sensée savoir pour quellepartie de la journée nous avions sollicité des invitations,et elle est arrivée juste en même temps que nous. Si nousétions venus entarter les précités ministres, lespandores n’auraient dû apparaître qu’à 9h ou vers 16h,logiquement, ou être présents toute la journée. Conclusion,selon nous, ils savaient où et quand nous piéger, et pouravoir cette information, ils ne disposaient pas de nombreuses voies : une" taupe " (ce qui nous semble peu probable, parmi les quelques personnesau courant de ce projet) ou une écoute téléphonique(beaucoup plus plausible, un des numéros utilisés étaitcelui de référence au sein de la " caravane intercontinentale", l’an dernier) En ce qui concerne de précédentesarrestations et autres joyeusetés du même genre dans le cadregénéral de la lutte contre les OGM et tout ce que ceux-ciimpliquent, elles se limitent essentiellement à des contrôlesadministratifs à la sortie de supermarchés où nousavions collé nos autocollants " risque d’OGM ", à la demandedu gérant du magasin, et devant le " Quick " (couic) de la portede Namur (Ixelles) pendant que nous distribuions des repas non susceptiblesd’être génétiquement modifiés ni… enfin, disonsmangeables, dégustables et pas juste à avaler. |
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