20 novembre 1999
Action à Bruxelles
Après une mise enplace quelque peu laborieuse du détecteur d'OGM et la répartitiondes tâches entre la vingtaine de participants, il n'a pas fallu plusde cinq minutes pour qu'un employé du Colruyt (une sorte de "chefd'équipe", apparemment pas le gérant) nous intime l'ordrede déguerpir, en prétextant que nous gênions le passagedes clients (nous occupions en fait seulement la moitié de l'alléemenant au magasin). Un dialogue de sourds s'engage alors (lors duquel notreinterlocuteur nous gratifiera de répliques du genre "Je suis responsabledu magasin, pas de ce qu'il y a dedans"!!...). Voyant que nous n'étionspas disposés à plier bagage, il a fait appel à quatreautres salariés pour nous refouler manu militari... ce qui débouchasur quelques minutes d'échanges assez vifs et fort instructifs surle degré d'identification aux intérêts du patron quirègne chez ces travailleurs précarisés... Comme ledétecteur risquait d'être réduit en planchettes etque de toute manière cette agitation ne nous permettait pas réellementde sensibiliser les clients (même si l'un ou l'autre prenait notredéfense!), nous nous sommes décidés à quitterles lieux, après 20 à 25 minutes d'intervention. Ce qui paraît de primeabord être un résultat peu encourageant n'a en fait démoralisépersonne, me semble-t-il. Cet épisode a au contraire révélél'importance extrême d'une approche d'ensemble et sur le long terme,qui prenne en compte le regard, la position et la pratique de tous lesacteurs du champ de l'agroalimentaire, en ce compris le personnel des chaînesde distribution. Bref, l'essentiel reste à faire !... Cette action, quoique chahutée,a aussi permis des rencontres entre personnes qui ne s'étaient jusqu'icipas croisées ou du moins qui ne s'étaient pas côtoyéesdans la pratique, en situation. Elle a par ailleurs mis enlumière l'efficacité "opérationnelle" des étiquettes"Risque d'OGM": en un quart d'heure, trois ou quatre personnes en avaientconstellé (sélectivement, bien sûr!) les rayons dusupermarché, sans éveiller le moindre soupçon... |