Le collectif le Boulet présente:
un nouveau lieu d'habitation collective, créatif et actif.
Depuis le mois de septembre, nous, un groupe de personnes d'origines et de milieux différents: étudiant-e-s, chômeur-euse-s, artistes et autres intermutant-e-s du spectacle, avons investi les bâtiments situés aux 23-25 rue du Boulet dans le centre de Bruxelles. En raison de nos moyens précaires de subsistance, nous avions besoin d'espace pour nous loger et développer nos projets, tant politiques, artistiques que de vie collective.
Les bâtiments que nous avons investis appartiennent à la société immobilière de l'Hippodrome. Ces bâtiments voués au pourrissement de par la volonté du propriétaire (arrachage de tuyaux, des radiateurs, fenêtres laissées ouvertes...) sont néanmoins tout à fait viables. Alors que les besoins en logement à loyer abordable sont importants, certaines sociétés, avec l'accord des autorités communales, pratiquent des politiques de spéculation immobilière en expropriant les habitants des quartiers bruxellois pour élever le niveau financier et social du centre ville (magasins de luxe et logement à loyer élevés).
En réaction à cela, nous avons la volonté de redonner vie à
ces lieux inoccupés, en les réaménageant pour y loger et y développer
des activités non lucratives:
- des locaux de répétition insonorisés pour des projets de théâtre,
musique et danse.
- des activités politiques et culturelles, dans une logique d'échange
et en dehors des rapports marchands traditionnels: infothèque
(diffusion et partage de savoirs à travers des brochures et des
fanzines), projections vidéos, rencontres et discussions, auberges
espagnoles épisodiques.
Vous pouvez dès à présent
venir nous rendre visite!
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L’ordre c’est le désordre
C’est parce que le système fait tout pour ne pas partir en couille, que tout, inévitablement, part en couille.
C‘est parce que la machine nous impose son bonheur déshumanisé, que se répandent la déprime, les psychoses, les recherches de liens sociaux inédits, les pétages de plombs, la construction de nos vies, dans lesquels notre for intérieur se réfugie.
C’est parce qu’on bâtit des usines polluantes pour recycler le pétrole, ou des usines nucléaires pour fabriquer des panneaux solaires et des batteries polluantes, que les inquiétants changements de climats, les nouvelles maladies, les mutations génétiques, les catastrophes naturelles qu’on connaît déjà, ne sont que le début d’un apocalypse dont on ne peut nier la rationalité.
C’est parce que le spectacle a besoin du fascisme pour assurer sa sécurité, qu’il faut bien radicaliser nos luttes, généraliser l’entre aide, s’apprendre la confiance, développer notre imagination créatrice, arrêter la simple contestation et mettre la main à la pâte de résistantes constructions d’alternatives à ce monde irréel que l’on fuit.
C’est parce que la mégalomanie marchande veut mettre de l’ordre dans les quartiers, que des maisons se vident et nous offrent l’espace-temps où se concrétise notre imaginaire.
Et c’est parce que nos règles évoluent avec la situation, parce que nous fonctionnons par affinités, parce que nous profitons des coïncidences, parce que nous voyageons au gré de nos envies, parce que nous nous construisons plus librement en niant la normalité, parce qu’on trouve notre place dans le désordre social, que les modèles sociaux perpétuellement en mouvement qui en résultent, parviennent à être pour nous, suffisamment viables pour ne pas s’arrêter en si bon chemin.
Le chaos c’est l’harmonie
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